Troisième

Comme spectateur de l’Outre-Forêt, nous avons invité le parcoureur à trouver sa place, celle de son regard, à définir les points de vue sur et pour les œuvres, à interpréter les médiums et les narrations construites par ces rencontres ; La perspective monofocale puis la pluralité des visées auront dessiné les qualités d’une esthétique de l’outre, du dépassement et d’une qualité de présent. Dans la frontalité et les brumes s’installait l’expérience sensible, le sentiment manifeste d’une embarquée, d’être soit même pris dans le champ des œuvres.

 Dans cette nouvelle distribution à l’horizon déployé, le sol et le ciel détermineront une topographie béante, où l’échelle des œuvres définira l’espace, qualifiera la perception que l’on en a, et possiblement méjugera de ses proportions. Ainsi du premier plan aux lointains, la netteté construit des panoramas flexibles, permis par l’abattement des cimaises. Du micro au macro, la pulsion du voir, le « scopique » donc, sera entretenue dans une tension, dans l’outrepassement de la présence de l’observateur, oscillant entre grands formats et agrégats accessibles, à la portée de la préhension.  Aussi, si toute déambulation suppose un terrain, une aire, l’espace ouvert de l’exposition découpera des interstices, des vides, des strates visibles, que les œuvres habiteront pour construire dans cette forêt comme une ouverture, prolongement de la vision romantique. Se retrouvant à l’orée d’une clairière, face à une plaine, au creux d’une vallée, sous la canopée haute d’une forêt dense, le spectateur devra être attentif à la configuration dans laquelle il pénètre enfin. S’imposent des cadres, des champs, en somme des seuils à franchir qui instruisent une dimension paradoxale et dramatique, où serait déjoué la certitude de l’immédiateté.

 Développée telle une scène pastorale, l’outre-forêt sème l’idée d’une vision idyllique. Ce troisième volet découvre des panoramas autant qu’il disperse les œuvres. Ce qui de loin ouvre une perspective est de près ce qui définit la perspective des autres. La relativité de ces points de vues encourage le spectateur à collecter ou à herboriser, berger pour un temps.

 Cueillir les horizons, affranchir les allers-retours.

Du samedi 1er au samedi 8 octobre 2011

Yasmina Benabderrahmane
Nicolas Delprat
Wilhelm von Gloeden
Aurélie Godard
Guillaume Liffran
Colombe Marcasiano
Simon Nicaise
Andrés Ramirez
Josué Rauscher
Claire Tabouret

Vernissage le samedi 1er octobre de 17h à 21h

Dossier de presse à télécharger

A lire et à visionner sur le sujet

> Sur le site de Slash

> Dans le Jsd #885 – Le Journal de Saint-Denis par Benoît Lagarrigue

> Sur Arte le jeudi 29.09.2011 en deuxième partie du Journal des galeries

> Dans Retours d’expositions – Regards sur l’art contemporain par Claire Taillandier

Nicolas Delprat, Sans titre, 582 x 129,5 cm, triptyque, acrylique sur toile, 2011

Nicolas Delprat, Derrick 5 p, 76×56 cm, acrylique sur papier, 2009

Andrés Ramirez, I’ll remain as i am (détail), installation in-situ, matériaux divers, 2011

Guillaume Liffran, gravure, 2011*

Guillaume Liffran, Série Syrtes, polyptyque, bois, peinture, flocage, 2010*

Colombe Marcasiano, Chassis, 300x250cm, bois brut, 2011

Colombe Marcasiano, Sur un toit, dimension variable, bois peint, 2011

Simon Nicaise, Et tu tapes tapes tapes c’est ta façon d’aimer, bouquet de fleurs, moteur, socle, programmateur, 2010*

Whilhelm von Gloeden, Dans la montage, 23x16cm, épreuve argentique n° 1701, 1903. Collection Mathieu Buard

Aurélie Godard, dessins sur papier carbone bleu, 2011*

Yasmina Benabderrahmane
Vallée des pies, 81x123cm, tirage argentique baryté mat contrecollé sur alu, édition de trois, 2009
Die Hecke, 81x123cm, tirage argentique baryté mat contrecollé sur alu, édition de trois, 2008

Yasmina Benabderrahmane, Monde parallèle, 81x123cm, tirage argentique baryté mat contrecollé sur alu, édition de trois, 2009

Yasmina Benabderrahmane, Série Collection Minérale (extrait), 33x33cm chacun, tirage argentique baryté mat, édition de trois, 2011

Simon Nicaise, Sans titre, prises d’escalade, peinture, 2011*

Claire Tabouret, The peace commission tent, 98 x 120 cm, acrylique sur toile, 2010*

Claire Tabouret, Le hublot, 100x80cm, acrylique sur toile, 2009*

Claire Tabouret, La route, 195x130cm, acrylique sur toile, 2008*

Andrés Ramirez, I’ll remain as i am (détail), installation in-situ, matériaux divers, 2011

Josué Rauscher, GoogleSphères, 75 captures d’écran (retouchées), 2011

*Courtoisie des artistes et des galeries :

John Tevis Paris pour Guillaume Liffran

Dominique Fiat Paris / Bodson & Emelinck Bruxelles pour Simon Nicaise

Dohyanglee Paris pour Aurélie Godard

Isabelle Gounod pour Claire Tabouret

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