Quatrième exposition

Comme spectateur de l’Outre-Forêt, nous avons invité le parcoureur à trouver sa place, celle de son regard, à définir les points de vue sur et pour les œuvres, à interpréter les médiums et les narrations construites par ces rencontres ; La perspective monofocale, la pluralité des visées autant que le déploiement d’horizons incertains auront dessiné une esthétique de l’outre, du dépassement et d’une qualité de présent. Dans la frontalité et les brumes s’installait l’expérience sensible, le sentiment manifeste d’une embarquée, d’être soit même pris dans le champ des œuvres. Une fois ces seuils franchis, la scène suivante, romantique, celle d’un panorama donnait à chacun le temps d’herboriser les œuvres du regard par des distances nécessaires.

Le temps de la sédentarisation est désormais venu, quitte à passer par quelques établissements provisoires. Le paysage devient territoire, l’horizon se propose tel un lopin aménageable, un espace agraire où s’ordonnent les plantations les plus diverses et où l’ensemble se pense à l’aune d’un plan, d’un schéma rationnel. La mise en culture suppose un résultat : l’Outre-Forêt se déploie et fait alors fructifier ses verticales, sème ce qui a été jadis glané, récolte les fruits de ses débordements. L’orientation initiale est renversée et chacun devient une source qui inonde de son regard les œuvres, les éclaire. De fait, la perspective est assumée, immédiate, profuse. Ce qui relève d’une expérience est alors celle d’un ordre, d’une croissance, d’un champ d’œuvres. Le spectateur stationnaire contemple la nature des productions, domestiquées, et se réjouit du tableau généreux qui sous ses yeux prend la forme aménagée d’un potager, d’une construction aux sillons horizontaux, d’une corne d’abondance. Sous les formes de ce jardin, les œuvres deviennent de potentiels bouquets.

L’ensemble apparaît alors tel un motif décoratif, dont l’importance témoigne du montage comme accord. Les éléments d’édification soutiennent à l’instar de coupes ou de socles les productions et leurs natures. Et ce qui fane, se perd, se désagrège participe de cette vision horticole, tendue entre l’enthousiasme de ce qui croît et de ce qui périt à son tour. Ce quatrième volet décrit la domestication d’une œuvre, et sa mise en bouture dans l’espace ouvert qu’est le lieu de l’exposition. L’élévation et ses limites, dont l’entropie, inéluctable, sont les vecteurs sinon les tuteurs de ce nouvel accrochage.

Cultiver les stations, implanter le fugace.

Du samedi 20 au dimanche 28 octobre 2012

Matthieu Clainchard
Claire Decet
Amira Fritz
Erwan Frotin
Armand Jalut
Jacques Julien
Vincent Ganivet
Louis Gary
Stéphanie Nava
Georges Rey
Ludovic Sauvage
Marion Verboom

Vernissage le samedi 20 octobre 2012 de 18h à 21h

Ouvert sur rendez-vous ainsi que :
> Lundi 22 de 15h30 à 17h
> Mardi 23 de 15h30 à 17h
> Vendredi 26 de 18h à 22h
> Samedi 27 de 14h à 19h
> Dimanche 28 de 14h30 à 18h30

Dossier de presse à télécharger

Ludovic Sauvage, Vallées, double projection de diapositives, 2010*

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Jacques Julien, de la série Les concrétions, 2011-12

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Matthieu Clainchard, Hexagones/Adventices, polystyrène, plâtre, plantes artificielles customisées, 2010 – Production Triangle & Dora Protoulis***

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Amira Fritz, Série The distraction of the hare, 124x164cm, tirage unique, 2011

Louis Gary, La Tour, 8x20x30cm, bois d’essences diverses, peinture, 2012

Louis Gary, Boîte n°1, 18x160x25cm, bois d’essences diverses, mélaminé, peinture, 2012*

Louis Gary, Le Gardien, 10x30x35cm, bois d’essences diverses, stratifié, peinture, pomme, 2012*

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Georges Rey, Fleurs, 12’, film 16mm transféré sur dvd, 1979*

Armand Jalut, Odorama, 100x63cm, huile, toile, 2012

Armand Jalut, Baroness (3), 200x200cm, huile, toile, 2011

Marion Verboom, Pallium, plâtre, 2012*

Armand Jalut, Série Auto-stop, deux fois 65x50cm, huile, toile, 2012*

Vincent Ganivet, Série Ruban tue-fête, papiers tue-mouche, confettis, 2012*

Vincent Ganivet, Série Reliques – Nice, Karlsruhe, Salses, parpaings, 2012*

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Stéphanie Nava, L’atelier du tailleur, feutre horticole, dessin, 2009**

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Claire Decet, Série Emaux, 40x40cm huile, toile, 2006-12

Erwan Frotin, Série Flux – Cumulonimbus, impression, 2012

Erwan Frotin, Série Flux – Brugmansia versicolor, impression, 2012

Amira Fritz, Série Spaziergang im Käferwald, 74x74cm, tirage unique, 2007

Erwan Frotin, Série Flux – Artibeus jamaicensis I, impression, 2012

Erwan Frotin, Série Flux – Sunset , impression, 2012

Erwan Frotin, Série Flux – Solicitude, impression, 2012

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Claire Decet, Collection, technique mixte, fleurs séchées, argile, plastique peint, 2011-12

Jacques Julien, de la série Des vagabonds, 160x50x40cm, matériaux mixtes, 2011

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Amira Fritz, Série Wild nothing, 124x160cm, tirage unique, 2011

Crédit photographique : *Nicolas Brasseur, **Stéphanie Nava et ***Georges Rey

Courtoisie des galeries Michel Rein pour Armand Jalut, Yvon Lambert & West pour Vincent Ganivet, Riccardo Crespi pour Stéphanie Nava et Jeanroch Dard pour Claire Decet

Et en bonus quelques prises de vues du vernissage par Georges Rey :